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Cirque de Gavarnie : randonnée jusqu’au Refuge des Espuguettes

Cirque de Gavarnie

De passage dans les Hautes-Pyrénées cet été, une étape se distingue comme l’incontournable : le Cirque de Gavarnie !

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997, ce cirque naturel enclavé entre les montagnes promet un spectacle grandiose : un écrin de roche avec de part et d’autre les neiges éternelles et en son sein, la plus haute cascade de France.

Pour nous, cette escapade est une première à bien des égards : premières vacances à la montagne en été, première visite des Pyrénées et première randonnée en montagne. C’est pour toutes ces raisons que Frantz a à coeur d’immortaliser ce moment à la lueur du coucher de soleil.

Quel itinéraire de randonnée avons-nous choisi ? Quelles sont nos impressions ? Et si c’était à refaire ? On vous raconte notre journée et on vous donne nos conseils !

Cirque de Gavarnie : le berceau du Pyrénéisme

« C’est une montagne et une muraille tout à la fois  ; c’est l’édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes  ; c’est le Colosseum de la nature  ; c’est Gavarnie ».

Victor Hugo, Dieu, 1891

On dit du Cirque de Gavarnie que c’est le berceau du Pyrénéisme. De quoi s’agit-il ?

Le Pyrénéisme est un mouvement qui voit le jour à la fin du XIXème siècle dans les écrits de Béraldi qui a réalisé plusieurs ouvrages sur les Pyrénées. Pour lui, le Pyrénéisme consiste en « ascensionner, sentir et écrire« , c’est à dire gravir des sommets, en apprécier profondément la beauté et la retranscrire dans ses écrits. Par ailleurs, le XIXème siècle a marqué le boom du thermalisme, permettant aux Pyrénées d’accroitre leur notoriété et d’attirer de nombreux artistes en quête d’inspiration.

Une application, Balade en Patrimoine, permet de partir sur les traces des « Pyrénéistes ». Je n’en n’ai eu connaissance qu’en rédigeant cet article donc nous ne l’avons pas testée mais je pense que ça m’aurait intéressée 😉

Cirque de Gavarnie : comment y accéder ?

• Le départ de la majorité des randonnées autour du Cirque se situe au village de Gavarnie, dans les Hautes-Pyrénées. C’est d’ici que nous commençons.

• Le stationnement est payant du 1er mai au 31 octobre. Le tarif est de 5€ pour 24h et de 8€ pour 24h pour les camping-cars. Certaines personnes continuent la route après le parking et se garent « à la sauvage » pour éviter de régler le stationnement. Mais, croyez-nous, après votre randonnée, vous serez ravis de ne pas vous rajouter du chemin !

Pour notre part, nous arrivons vers 15h, heure à laquelle la plupart des gens reviennent de leur randonnée. Constatant que nous nous acharnons sur l’horodateur, un groupe de marcheurs nous offre gentiment leur ticket de parking.

Cirque de Gavarnie : notre itinéraire

Il existe de nombreux itinéraires autour du Cirque de Gavarnie. Bonne nouvelle : vous pourrez l’admirer en contre-plongée même si vous n’êtes pas un grand marcheur. A l’issue de la marche vers l’Hôtellerie du Cirque, qui longe de part et d’autre le Gave de Gavarnie (3 km à pieds à plat), on arrive aux pieds du « Colosseum ».

En ce qui nous concerne, nous y allons au feeling !

Une fois sur place, à la lecture de la carte, on décide d’aller jusqu’au Refuge des Espuguettes en passant par le Refuge du Pailha puis de revenir au village. Pour information, il est souvent indiqué de faire l’inverse : commencer par le Refuge des Espuguettes pour terminer en beauté au pied du Cirque de Gavarnie.

Etape 1 : Du village de Gavarnie à l’Hôtellerie du Cirque

Du parking jusqu’au point de départ officiel de la randonnée, on marche environ 1km. On traverse le petit village de Gavarnie avec ses hôtels, restos et boutiques touristiques.  

Puis, commence le chemin « officiel » jusqu’à l’Hôtellerie du Cirque, un hôtel « institution » au pied du Cirque de Gavarnie. Plus on avance, plus les vers de Victor Hugo prennent tout leur sens : le Cirque révèle toute sa majesté ! Difficile de ne pas faire des arrêts photo en permanence…

C’est ici qu’on arrête notre itinéraire (randonnée jusqu’au Refuge des Espuguettes via le Refuge de Pailha). On hésite dans un premier temps à aller jusqu’à la cascade (la plus haute de France avec ses 423 mètres) mais on laisse tomber l’idée, craignant d’être juste niveau timing.

ATTENTION : On pensait que, du Refuge des Espuguettes, on aurait une plongeante sur le Cirque. Mais pour cela, il faut monter au-delà, jusqu’au Pic de Pimené ou la Brèche de Roland. Ça ne nous a pas empêchés de profiter d’un joli spectacle, mais c’est bon de le savoir avant !

Le savais-tu ? Gave est un terme gascon qui qualifie les cours d’eau au Béarn, en Bigorre et en Chalosse.

Etape 2 : De l’Hôtellerie du Cirque au Refuge de Pailha

Ce tronçon du trajet se fait exclusivement à flanc de montagne, sur un petit sentier depuis lequel on admire des panoramas magnifiques sur le Cirque, la vallée et le village de Gavarnie.

A part au début où ça grimpe forcément, le chemin est relativement plat. On traverse à gué des ruisseaux, on passe sous des falaises humides et à quelques endroits, le sentier est étroit. On profite des nombreux passages ombragés, dans la forêt, hyper ressourçants et rafraichissants surtout en pleine après-midi !

De manière générale, le chemin est assez clair : il faut suivre la corniche. Nous n’éprouvons aucune difficulté à nous repérer. Il s’agit même la partie de la randonnée que l’on trouve la plus agréable, d’autant que nous ne croisons personne. On se demande même si on ne s’est pas trompés…

Toutefois, pour ceux qui ont vraiment le vertige ou qui ne sont pas à l’aise sur des sentiers étroits ou glissants, certains passages peuvent se révéler un peu angoissant.

Lorsque l’on arrive au Refuge du Pailha, celui-ci est fermé. Nous faisons tout de même une pause dans la clairière pour manger nos sandwiches et reprendre des forces pour la suite (et on ne le sait pas encore, mais on va en avoir besoin).

Etape 3 : Du Refuge de Pailha au Refuge des Espuguettes

A la recherche des panneaux directionnels

Après notre pause, on doute sur le chemin à prendre. Au Refuge de Pailha, on ne trouve aucune indication. On avance un peu et on aperçoit un panneau… qui présente le Grand Tétras des Pyrénées, grand gallinacé qui peuple les environs. On doit continuer encore quelques mètres pour trouver des panneaux indiquant le Refuge des Espuguettes. Ouf !

On prend donc le petit pont qui enjambe le ruisseau et c’est parti ! Au même moment, nous croisons un randonneur qui va au même endroit que nous. Lui ne traverse pas le ruisseau, mais rejoint malgré tout le sentier vers le refuge (on reconnait les habitués !)

Un joli sentier qui traverse les montagnes

On attaque alors la dernière partie, assurément la plus hard du parcours (et la plus dépaysante aussi). Il s’agit d’un joli sentier qui traverse les montagnes et qui grimpe lentement mais sûrement jusqu’à la dernière montée « de la mort ».

Tout d’abord, on traverse une « cuvette » verdoyante enclavée entre les montagnes (il me manque du vocabulaire de montagne… d’après moi ce n’est pas vraiment un plateau ni une vallée donc, j’improvise ! Mais si vous connaissez le terme, mettez-le en commentaire !) Nous ne voyons pas le Grand Tétras , mais on aperçoit toutefois des marmottes, des papillons… La flore est également très riche. Et on fait le tout au son des cloches des vaches, le bonheur ! D’ailleurs, mieux faire attention où on met les pieds 😉

On arrive au bout du chemin avec une maisonnette en face… Et on aperçoit le Refuge des Espuguettes en levant la tête sur la gauche, et le chemin pentu pour y accéder. Déjà fatigués, nous avons conscience que ça ne va pas être de la tarte, mais HORS DE QUESTION d’abandonner ! Je booste Frantz qui est crevé, mais ne parviens pas à convaincre Kiki, son petit cousin, de nous accompagner. Il nous attendra tranquillement posé sur un rocher à profiter de la vue. J’ai du mal à le laisser, mais il ne faut pas forcer.

La dernière ligne droite (et pentue)

Enfin la dernière ligne droite (pas si droite que ça d’ailleurs) : Frantz et moi entamons la montée… et on morfle pas mal. Le refuge semble si proche et si loin à la fois ! Je m’applique à maintenir mon chéri motivé : équipé de son matos photo, il n’en peut plus. Puis à vrai dire, je me mets la pression : il est déjà 19h et je ne veux pas qu’on se fasse surprendre par la nuit en pleine montagne sur le retour.

Malgré tout ces efforts, on se régale. Cette immersion paisible au coeur de la nature nous fait le plus grand bien. Et les meuglements viennent parfaire l’expérience ! D’ailleurs, on constate que les troupeaux sont de sortie et avancent vers Kiki… J’espère qu’il va trouver un coin pour les éviter !

Arrivée au Refuge des Espuguettes, l’aboutissement

Ca y est, on l’a fait (bruits d’applaudissements s’il vous plait !) ! On se sent à la fois vidés et remplis de gratitude d’avoir pu finir le chemin. On mesure la chance que l’on a de pouvoir admirer cette vue grandiose.

Je me pose sur un rocher pour contempler la scène : la lumière chaude du soleil qui caresse et dessine les montagnes et le Cirque que l’on distingue au loin, le paysage verdoyant plus près de nous, les troupeaux (et Kiki !)… Pourtant, la pile électrique que je suis se pose rarement ! Pour ainsi dire, la vue était vraiment splendide… et la dernière partie du chemin m’a achevée.

Derrière le refuge, on devine la Brèche de Roland. Plus près, des chevaux sauvages et un âne passent près de randonneurs qui installent leur bivouac. D’autres dormiront au refuge. Comme je les envie ! Il y a l’air de régner une ambiance très conviviale malgré le contexte sanitaire post confinement lié au Covid-19.

J’aurais pu contempler ce paysage des heures durant, mais nous ne restons qu’une demi-heure. Le chemin du retour nous attend, à savoir environ 1h30 à 2h de marche.

Retour jusqu’au village de Gavarnie

C’est le moment de décoller : on rebrousse chemin. On emprunte le même trajet qu’à l’allée jusqu’à l’intersection avec le panneau directionnel près du Refuge du Pailha. On récupère Kiki au passage (qui s’était déplacé pour éviter les vaches, ouf !) et on accélère la cadence malgré les douleurs au genou de Frantz.

Une fois arrivés au fameux panneau, on prend le sentier rocailleux qui descend dans la forêt direction le village de Gavarnie. 

Bien que la fraicheur du soleil couchant et l’ambiance paisible de la forêt rendent le chemin agréable, le retour me semble long. De plus, il n’y a quasiment pas de balisage. On a hésite plus d’une fois sur le chemin à prendre. On se trompe même une fois ou deux (rien de grave, on s’en est rendu compte assez vite) !

Enfin, nous arrivons au niveau du village juste avant la tombée de la nuit, vers 21h30. Timing parfait ! Le Cirque de Gavarnie resplendit en toile de fond dans la pénombre. C’est une autre ambiance, très paisible avec le village endormi… sauf le chien de berger qui nous raccompagne jusqu’au parking !

Cirque de Gavarnie : notre avis général 

Verdict : cette première randonnée en montagne nous a enchantés et ressourcés..

Le Cirque de Gavarnie ne vole pas sa réputation. A ne manquer sous aucun prétexte si on est de passage dans la région.

Concernant l’itinéraire, nous l’avons trouvé complet :

  • les vues grandioses nous accompagnent tout du long,
  • les passages plus tranquilles et ombragés sur la corniche sont très agréables,
  • le dernier tronçon est très dépaysant et plus sportif.

Sur la dernière partie, nous avons expérimenté l’importance de la force du mental et des synergies de nos encouragement mutuels. Cette solidarité et cette bienveillance, conjuguées à la fierté de gravir les obstacles ensemble pour atteindre notre but, nous ont profondément émus. Toutes proportions gardées, c’est, j’imagine, ce que ressentent les sportifs lorsqu’ils gagnent des compétitions.

Enfin, alors même que je suis du matin, je reconnais que l’idée de partir vers 15h pour chopper les lueurs du coucher de soleil était une bonne option. A partir de l’Hôtellerie du Cirque, nous étions seuls sur le chemin. Quant aux lumières à l’arrivée, elles nous ont subjugués.

Toutefois si c’était à refaire, on aurait volontiers testé le bivouac ou dormi au refuge pour ne pas se soucier du temps et profiter de l’ambiance conviviale du refuge. Nous aurions prolongé l’itinéraire le lendemain vers le Pic de Pimené ou la brèche de Roland pour avoir la vue plongeante sur le cirque .

Et toi, connais-tu le Cirque de Gavarnie ? Quelle merveille de la nature en France t’inspire le plus ?

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