Martinique Randonnée & Nature

Cascade Couleuvre : une randonnée ressourçante dans le nord de la Martinique

Cascade Couleuvre

Quelle que soit la destination, me balader en forêt pour découvrir des cascades c’est mon petit kiff, pour ne pas dire une obsession ! Notre séjour en Martinique en janvier dernier n’a pas fait exception. Après concertation, notre choix s’est porté sur la randonnée de la Cascade Couleuvre.

Matinée de marche au coeur de la forêt tropicale avec une jolie cascade à la clé, après-midi sur la plage sauvage de l’Anse Couleuvre et retour avec le coucher de soleil sur la côté ouest : cette journée a parfaitement comblé nos envies.

On vous raconte et on vous donne nos conseils pour bien profiter de cette journée.

Anse et Cascade Couleuvre : le combiné idéal pour une journée mi-rando mi-farniente dans une ambiance bout du monde

La Cascade Couleuvre est située à l’extrémité nord de l’île à travers la forêt tropicale, sur le massif volcanique de la Montagne Pelée. Haute de près de 130 mètres, c’est la cascade la plus haute de Martinique et des Antilles françaises. 

Au même endroit, l’Anse Couleuvre est une plage de sable noir volcanique, bordée de cocotiers et nichée entre deux grosses roches. 

Le trajet vers le nord de l’ile est un spectacle en lui-même

La route pour rejoindre le Nord traverse les bourgs de la côte ouest. Elle offre de jolies vues sur le littoral, les ports et les maisons de pêcheurs, ainsi que sur les mornes et la végétation.

Alors ouvrez grand les yeux, le spectacle commence maintenant (surtout si vous êtes passager comme moi) !

Depuis Fort-de-France, prendre la N2 puis la D10… jusqu’au bout !

Afin d’éviter le monde à l’arrivée et les fortes chaleurs, nous quittons le domicile des parents de Frantz dans l’est de l’ile vers 7h, avec nos pique-nique.

Tout au long du trajet, je me laisse porter, j’observe les bourgs aux maisons colorées prendre vie et les pêcheurs qui préparent le poisson…

Curiosité : A hauteur de Bellefontaine, vous verrez dans les hauteurs sur la droite une curieuse maison en forme de bateau. Construit en 1948, elle fut appelée « Torgiléo » (contraction de Victor, le constructeur et père, Virginie la mère et Léo leur fils). Ce fut un lieu de résidence, puis un restaurant et c’est de nouveau aujourd’hui une propriété privée.

En arrivant à Saint-Pierre, le panorama sur la baie avec la Montagne Pelée, triomphante, en toile de fond, est à couper le souffle. La plupart du temps, la Montagne Pelée s’enveloppe d’un manteau de nuages et de brume. Mais ce jour-là, elle s’est offerte à nous découverte.

Ensuite, on traverse Saint-Pierre, capitale de la Martinique jusqu’à l’éruption du volcan en 1902 qui ravagea la ville. Saint-Pierre, qui n’a jamais été complètement reconstruite, porte encore les stigmates de cette tragédie et est habitée d’une atmosphère mystique.

Enfin, en quittant Saint-Pierre direction Le Prêcheur, on a vraiment l’impression d’entrer dans un village du bout du monde, avec ses maisons défraichies et ses gués. Cet endroit de l’ile est souvent en proie à des pluies diluviennes et écoulements volcaniques qui peuvent compliquer voire empêcher son accès.

Accrochez-vous pour le dernier tronçon de route vers la Cascade Couleuvre

Lorsqu’on arrive à l’Anse Céron, on aperçoit une jolie bande de sable noir. C’est la dernière ligne droite (enfin, façon de parler) vers notre destination !

Le point de départ de la randonnée vers la Cascade Couleuvre se trouve au parking de l’Anse Couleuvre, à 1,2 km de là, tout au bout de la route. 

Cependant, certains choisissent de se garer sur le parking de l’Anse Céron et d’y aller à pieds.

Pourquoi ? Parce-que cette dernière « ligne droite » est une route perdue dans le morne, abrupte, étroite et faite de virages en épingles. Avec d’un côté la roche et de l’autre la forêt, il est difficile, et parfois impossible, que deux véhicules se croisent. De plus, s’il n’y a plus de place au parking de l’Anse Couleuvre, il faudra faire demi-tour.

Par conséquent, si on est mal à l’aise de conduire dans ce type de situations, c’est une option à considérer. Toutefois, vous serez forcés de marcher directement sur la route, ce qui n’est donc pas sans danger.

A 9h, le parking est déjà plein. Des voitures sont déjà garées des deux côtés de la route et nous faisons de même en veillant bien à laisser suffisamment de place pour la circulation.

Pour résumer, il est préférable d’arriver tôt, de klaxonner et de rouler doucement. Si vous êtes vraiment mal à l’aise au volant, garez-vous à l’Anse Céron. Moi qui conduis peu et suis assez craintive, c’est ce que j’aurais fait si j’avais été au volant. 

C’est parti pour une marche à travers la forêt tropicale jusqu’à la Cascade Couleuvre 

Le sentier est sans grande difficulté mais attention à la météo

Le sentier est accessible via le parking et est indiqué par un panneau. Ne vous trompez pas : le sentier à prendre est celui de droite. Celui de gauche mène à Grand Rivière… et fait 20 km !

L’aller retour fait 3,8 km, soit environ 2h ou plus si comme nous, vous flânez. Le sentier, refait par l’ONF il y a quelques années, est bien balisé, sans grande difficulté. Nous avons même croisé des parents avec jeunes enfants et porte-bébés. 

Néanmoins, il y a quelques passages à gué et en « escaliers » qui demandent de l’adresse et de bonnes chaussures. Par temps sec, c’est tout à fait gérable. En revanche, par temps de pluie, c’est un terrain glissant voire impraticable. De surcroit, vous pourriez vous faire surprendre par la rivière qui peut monter très vite et rendre le retour impossible. La météo est donc bien à prendre en considération.

Balade au coeur de la végétation luxuriante 

On commence notre marche en pénétrant dans la forêt tropicale. La chaleur est humide mais encore supportable à cette heure-ci. Il n’y a pas encore grand monde, on profite ainsi du calme et des bruits de la nature.

Le sentier longe la rivière Couleuvre qui ondule entre les arbres et les rochers. Quelques traversées à gué ponctuent la randonnée avec de jolies petites chutes. Comme toujours, je m’émerveille toujours de l’eau qui caresse les rochers, et de la végétation qui y laisse feuilles et branches.

Dans ce genre de lieu préservé et indomptable, on prend conscience qu’on est seulement un invité de la nature. En même temps, on sent qu’on forme un tout avec elle. Cette ambivalence entre mystère et communion m’émeut toujours.

Soyez attentifs à la flore et la faune qui vous entourent

La forêt abrite des cacaoyers (il y avait une ancienne habitation dont les ruines sont vers la plage de l’Anse Couleuvre), des bananiers, des lianes et même des oiseaux de paradis, jolie fleur en épi aux couleurs de feu. Sans oublier les imposants fromagers qui nous apportent leur ombre. 

Avec un oeil attentif et en silence, vous pourrez parait-il voir des ouassous (écrevisses locales) et même des manicous (famille des mangoustes). Il est fortement déconseillé de s’aventurer hors du sentier car vous pourriez y croiser des trigonocéphales, serpents mortels. 

Si vous observez bien les troncs et rochers, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir des Matoutous Falaises, qui ne sont pas rares dans le coin. Ce nom (tout mignon) désigne des mygales arboricoles colorées endémiques des Antilles, espèce protégée depuis 1995. A vrai dire, j’avais la trouille à l’idée d’en voir donc je ne les cherchais pas. Mais c’était sans compter sur la cousine de Frantz, qui fut ravie de me faire remarquer qu’il y en avait une sur le fromager devant moi !  

Arrivée à la Cascade Couleuvre

La fin du chemin se corse un peu avec des « escaliers » successifs. On est guidés par le son de l’eau qui se fait de plus en plus fort. 

Et, enfin, quel bonheur d’apercevoir à travers les arbres, la majestueuse cascade trônant dans son écrin vert et dont le rideau patine les rochers ! 

Le bassin n’étant pas profond, on ne peut pas vraiment s’y baigner. Par contre, on peut se faire un masque d’argile 100% bio ! Toutefois, après cette marche, difficile de résister à l’appel de la douche fraîche ! N’hésitez pas à vous déplacer autour de la cascade pour varier les points de vue.

J’aurais pu rester longtemps, installée sur mon rocher à admirer le spectacle et bercée par le bruit de l’eau (si je ne flippais pas qu’une copine à huit pattes vienne me tenir compagnie). 

L’heure du déjeuner approchant et les promeneurs se densifiant, le chemin du retour fut plus rapide.

Pique-nique et après-midi farniente à l’Anse Couleuvre

De retour sur le parking, je ne me fais pas prier pour quitter baskets et affaires de rando. Glacières et serviettes de bain sous le bras, on file direction la plage de l’Anse Couleuvre.

Si vous n’avez pas prévu de ravitaillement, des vendeurs ambulants proposent sur le parking des spécialités locales (pâtés, acras…), des fruits et du Planteur. 

Pour accéder à la plage, c’est aussi une petite expédition

Comme la cascade, le bain de mer à l’Anse Couleuvre se mérite. Ainsi, il faut traverser une portion de forêt ainsi que la Rivière Couleuvre à gué. Certes, ce n’est pas profond du tout, mais avec les pierres, c’est très glissant. J’y ai laissé mes tongs à plusieurs reprises et aurais presque regretté mes baskets.

En chemin, on passe devant les ruines de l’Habitation Couleuvre, ancienne exploitation de cacao habitée aujourd’hui par les arbres et la végétation. Ça renforce le côté bout du monde, j’adore !

Enfin, entre les arbres, on aperçoit les cocotiers qui encadrent l’océan : on arrive !

Un pur joyau niché entre deux falaises

Le décor est à couper le souffle. Avec son étendue de sable noir qui scintille au soleil, ses cocotiers qui la longent et l’océan déchainé, l’Anse Couleuvre est un vrai paradis sauvage. A l’horizon, on a que l’océan à perte de vue et l’ilet La Perle, connu pour être un spot de plongée. On s’attendrait presque à voir débarquer un navire de pirates !

Lors de notre venue, la marée avait divisé la plage en deux. Nous avons choisi de nous installer sur la gauche alors quasiment déserte avec le défi de trouver de l’ombre… sans se mettre sous un cocotier ! 

Après un bain de mer, c’est l’apéro avec les boissons locales et Ti Punch pour moi bien-sûr ! Puis viennent l’heure du pique-nique et de la sieste. Pour ma part, je me promène tout au long de la plage. Aux différentes lueurs de la journée, le lieu a son charme.

Attention : l’océan est fort à cet endroit de l’ile, il y a du courant et des rouleaux de bord. Soyez vigilant. 

Sur le retour, golden hour et couchers de soleil sur la côte ouest

Bien qu’admirer le coucher de soleil à l’Anse Couleuvre doit être splendide, nous sommes repartis vers le sud. Nous avons fait escale sur la route, notamment à l’Anse Céron pour prendre quelques clichés de la lumière dorée sur les cocotiers.

Aussi, on s’est fait surprendre par le plus beau coucher de soleil qu’on ait jamais vu. Toutes les nuances étaient au rendez-vous plus belles les unes que les autres, de l’orangé au rose, puis au violet et bleu. Les « waouh » fusaient, on avait jamais rien vu de tel.

Pendant tout le trajet, on a fait escale sur différents points de vue, au feeling. Toutefois, on a apprécié seulement avec nos yeux : nos batteries étaient à plat, comme si la nature avait voulu garder ce secret pour elle. Quoi qu’il en soit, c’est gravé dans nos esprits !

Ultérieurement, nous consacrerons un article aux couchers de soleil en Martinique.

En résumé, nos conseils pour préparer votre journée à la Cascade Couleuvre :

  1. Partez au petit matin. Les avantages sont multiples : éviter les embouteillages, limiter les grosses chaleurs lors de la marche, esquiver « l’heure de pointe » sur le parking et à la cascade. En somme, l’idéal est arriver sur place avant 9h.
  2. Vérifiez la météo : en saison des pluies ou s’il a plu la nuit, si vous parvenez à atteindre Le Prêcheur, le terrain sera glissant voire impraticable, donc à éviter.
  3. Equipez-vous de bonnes chaussures et prenez de l’eau. Evidemment, n’oubliez pas votre maillot de bain, votre crème solaire et votre appareil photo.
  4. Préparer votre pique-nique. C’est un excellent moyen de profiter au maximum de cette journée. Il y a des vendeurs qui proposent des spécialités antillaises sur le parking, mais ça reste aléatoire. Et ça ne sera peut-être pas suffisant pour un déjeuner complet.
  5. Sur le trajet aller et retour, profitez du paysage. Admirez la vue sur toute la côte ouest aux différentes lueurs du jour. Si vous envisagez d’explorer l’île, particulièrement le Nord, préférez une voiture puissante. N’hésitez pas à faire escale aux différents points de vue.
  6. Pendant la randonnée, soyez calme, attentifs et respectueux de la flore et de la faune. Ainsi, vous ne perdrez pas une miette de cette expérience et que contribuerez à la préservation de ce lieu.
  7. Rafraichissez-vous sous la Cascade Couleuvre
  8. Prélassez vous à l’Anse Couleuvre : prenez le temps. Ecoutez l’océan, observez le paysage aux différents moments de la journée… en sirotant votre Ti Punch et en dégustant votre ananas !
  9. Mettez-vous à l’ombre… mais pas sous les cocotiers ! Un accident est vite arrivé.

Et vous, que ce soit en Martinique ou ailleurs, quelle cascade vous a le plus charmé ?

Pour organiser notre journée, nous avons consulté ces blogs de voyage :

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1 commentaire

Plages Martinique : 10 spots emblématiques du Sud - Horizon Au Pluriel 4 septembre 2020 at 17 h 03 min

[…] Tout y est. Toutefois, en tant qu’amatrice de plages sauvages (telles que celles de l’Anse Couleuvre à l’extrême nord de l’île), ce n’est pas ma préférée. Mais y aller au moins […]

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